vendredi 17 mars 2006

Oh Marseille, comme O...merta ?
















Hélas, ce n'est pas le procès de l'OM qui permettra d'endiguer les dérives marseillaises et de répondre à laquestion : mais où peut-on trouver autant d'argent dans une ville aussi "pôvre" et autant endettée ?

Il paraît que les "arrangements illégaux" sont impossibles à éviter parce que les charges sociales et les taxes sont trop élevées en France. Ils sont surtout encouragés par l'impunité qui protège ceux qui profitent des rémunérations occultes.


Comme le procès des HLM de Paris, où seuls les intermédiaires et les entreprises payeuses sont cités à la barre, le procès de l'OM est boiteux dès le départ.
Ça aussi, c'est un mal très marseillais: quand de l'argent s'est envolé, on punit volontiers ceux qui l'ont semé. Mais on fait trop facilement une croix sur les sommes manquantes... et ceux qui ont pu les recevoir.

Entre 1997 et 1999, à l'occasion d'une quinzaine d'achats de joueurs, l'OM avait payé beaucoup plus qu'il ne fallait au club vendeur qui restituait le "trop perçu" au joueur vendu en compensation d'un moindre salaire sur la Canebière. Excellente manière de prendre le fisc et la Sécu à contre-pied.

Les CHIBANIS auraient du donc jouer au ballon ? ... mais à leur âge !

L'étonnant est que, dans son système de défense, Robert Louis-Dreyfus préfère passer pour un "président crétin" que pour un "patron voyou".
Lui qui, en dix années de présidence, a mis 200 millions d'euros dans le panier percé de l'OM, veut faire croire à sa naïveté. Il y a de quoi inquiéter les 13.000 salariés de la multinationale familiale qu'il dirige.
A la vérité, "RLD" plaide l'irresponsabilité pour couvrir une pratique trop répandue. Et le tribunal se prépare à l'indulgence pour assurer la paix sociale à Marseille.

Avant le procès le procureur souligne le statut symbolique du club à Marseille

Ca c'est nouveau et ça vient de sortir à Marseille !

A l'issue de la première journée de débat, lundi 13 mars, le procureur de Marseille, Jacques Beaume, a assuré que "les réquisitions devront prendre en compte l'institution qu'est l'OM à Marseille."

"A Marseille, l'OM a un statut particulier, sur le plan symbolique, politique et plus généralement de l'équilibre social, a déclaré le procureur. Il ne s'agit pas de préserver l'OM, mais les réquisitions devront être proportionnées à l'exigence du maintien de l'ordre public."

Cette pondération tranche avec le ton offensif adopté par le président du tribunal, Vincent Turbeaux.
"J'ai un souci. J'ai l'impression qu'on me cache quelque chose", lance-t-il à l'intention de l'ancien entraîneur de l'OM, Rolland Courbis, soupçonné d'être l'instigateur d'un système de rémunérations occultes au profit de lui-même, de joueurs et d'agents lors d'une quinzaine de transferts réalisés entre 1997 et 1999.

Jacques Beaume regrette l'absence des joueurs sur le banc des accusés mais précise que la volonté du ministère public était de se focaliser sur "le centre du système".
Robert Louis-Dreyfus s'efforce de démontrer qu'il n'était pas au centre du système concernant les transferts et qu'il avait mis en place un processus basé sur des délégations de pouvoir. "Une source de friction sur laquelle nous allons passer toute la semaine", prévient Vincent Turbeaux.
"On a l'impression que la boîte est gérée par les frères Angeloglou", lâche encore le président du tribunal, pointant la "grosse ambiguïté" des fonctions exercées par l'expert-comptable Jean-René Angeloglou et l'avocat Denys Angeloglou, tous deux membres du conseil de surveillance de l'OM. Le président s'étonne également de la valse des directeurs administratif et financier : trois entre 1998 et 2000.

Sur trois écrans géants, le président fait projeter la copie d'une note adressée le 9 mars 1999 à "RLD" par le directeur administratif et financier de Marseille, Guy d'Arbonneau. Dans ce document, M. d'Arbonneau déplore avoir appris l'arrivée du joueur Kaba Diawara à l'OM par un barman du Sofitel.

Non-lieu en faveur du directeur de cabinet de Jean-Claude Gaudin

Une ordonnance de non-lieu a été rendue en faveur de Claude Bertrand, directeur de cabinet du maire (UMP) de Marseille, qui était mis en examen depuis mars 2003 pour trafic d'influence, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

Le bras droit de Jean-Claude Gaudin à la mairie avait été mis en examen à la suite d'une enquête de gendarmerie portant sur un racket d'entreprises au port de Marseille, a rappelé le quotidien La Provence. Une conversation téléphonique enregistrée par les gendarmes en décembre 2001 entre M. Bertrand et un chef d'entreprise de manutention portuaire, disparu mystérieusement le mois suivant, avait déclenché les soupçons.

Le procureur de la République Jacques Beaume avait requis le non lieu en décembre, estimant que si des "imprudences ont été commises, elles n'étaient pas assez importantes pour qualifier les faits pénalement".
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